C'est que l'art n'est utile ou nuisible qu'autant que l'âme en peut être formée ou déformée ; et l'âme n'en peut être ainsi changée qu'autant qu'elle s'y exerce et le pratique (5). L'art n'importe donc pas à Platon comme ποίημα, mais seulement comme πράξις.
Platon voit dans l'art un miroir qui ne fait que refléter la réalité. Si la divinité crée l'idée de lit, si le menuisier réalise la « chose‑lit » à partir de l'idée, le peintre ne fait qu'une copie de la « chose‑lit » : il n'est qu'un imitateur, par deux fois éloigné de l'essence.
Pour Platon, premier théoricien de la beauté, l'art humain doit être la représentation sensible d'une idée. Elle doit s'inspirer de la nature, fruit de l'art divin, et en donner une image mimétique et éloquente. C'est l'équilibre des proportions qui définit l'essence de la Beauté.
La philosophie politique de Platon considère que la Cité juste doit être construite selon le modèle du Bien en soi. Dans La République, il développe en conséquence l'idée du philosophe roi. La pensée de Platon n'est pas monolithique.
La critique platonicienne de l'art
Dans le livre X de La République, Platon affirme que l'artiste est un sophiste et l'art une tromperie. L'art représente la réalité mais sans posséder les propriétés des choses représentées ; les œuvres d'art ne sont que faux-semblants.
La doctrine de Platon
Ces deux expressions désignent la thèse de Platon selon laquelle il y a une existence séparée des êtres intelligibles, thèse soutenue dans plusieurs de ses dialogues philosophiques (notamment le Phédon, La République, Le Banquet, le Timée, et le Parménide).
Platon se méfiait profondément des arts et des artistes pour deux raisons : ils font appel à l’émotion plutôt qu’à la raison ; ils imitent au lieu de conduire à la réalité.
La philosophie sociale et la pensée politique de Platon
Platon préférait que le peuple soit gouverné par ceux qui étaient les plus aptes à gouverner plutôt que par des rois, des chefs militaires, des personnes fortunées ou des tyrans . Il désapprouvait particulièrement la démocratie comme forme de gouvernement. La démocratie avait, selon lui, causé la mort de Socrate.
Platon, philosophe grec renommé, montre que la connaissance des choses nécessite un travail, des efforts pour apprendre et comprendre. Il s'agit donc d'une allégorie que l'on peut appliquer à la problématique de l'assuétude, des dépendances de toutes sortes.
“Les yeux de l'esprit ne commencent à être perçants que quand ceux du corps commencent à baisser.”
Henri Bergson : "Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience et si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l'art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de ...
Dans le billet 85, point de départ de cette brève série, j'ai analysé le dialogue Ion, où Platon explore le concept de la récitation de poésie sous l'inspiration divine. Dans les livres 3 et 10 de la République , Platon approfondit la notion d'art comme mimésis, en mettant toutefois l'accent sur des aspects différents dans ces deux chapitres.
La critique platonicienne de l'imitation a toujours fait l'objet de discussions et de débats, mais si l'on se place dans la perspective d'une philosophie de la culture, Platon propose une stratégie radicale de contrôle, de gestion, d'absorption, voire de remplacement.
Pour Platon, au contraire, l'art est beaucoup plus que cette technique qui met en œuvre la nature. La loi et l'art sont véritablement premiers parce qu'ils sont dans l'âme quelque chose de l'intelligence, de celle qui sous-tend le monde, et que rien n'est plus par nature que l'âme.
Le platonisme est la conception selon laquelle il existe des objets abstraits — un objet abstrait étant (selon une définition courante) un objet non spatial, non temporel, non physique, non mental et non causal. Le platonisme, en ce sens, est une conception contemporaine.
L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai ; et ce qui fait qu'il exécute tant de choses, c'est qu'il ne prend qu'une petite partie de chacune ; encore ce qu'il en prend n'est-il qu'un fantôme.
A.
Platon résume ainsi la thèse de Protagoras: «L'homme est la mesure de toutes choses», c'est-à-dire: telles m'apparaissent les choses, telles elles sont pour moi; telles les mêmes choses t'apparaissent, telles elles sont pour toi. Il n'y a pas d'opinion fausse, chacun a toujours raison de son point de vue.
Platon pense qu'il existe trois principes de toutes choses, à savoir : Dieu, la matière, et les formes des choses qu'il appelle encore idées, lesquelles ne sont qu'ébauchées, informes, n'ayant ni apparence ni qualités précises et caractéristiques.
Platon est un philosophe idéaliste : les notions de réel et de monde qu'il défend sont indissociables de sa conception de la pensée. Ainsi, le monde n'est saisissable que par un certain type de logos. Celui-ci doit donc être adéquat, c'est-à-dire aussi harmonieux que le kosmos, qui désigne l'ordre.
Platon poursuit plusieurs objectifs, l'un des principaux étant la découverte de la vérité absolue. Selon lui, les Idées (ou Formes) sont la source de toute connaissance véritable. La philosophie est un moyen de comprendre les différents aspects de la réalité que sont la nature de l'âme, la justice, le beau et le bien.
Platon appartient à une des plus illustres familles d'Athènes. Son nom d'Aristoclès est très tôt changé en celui de Platon (de platus, large), surnom qui lui est sans doute attribué à cause de la largeur de ses épaules ou de son front.
Euthyphron, L'apologie de Socrate, Criton, Phédon. Cratyle, Théétète, Le Sophiste, Le Politique. Parménide, Philèbe, Le Banquet, Phèdre. Alcibiade, 2ème Alcibiade, Hipparque, Les Rivaux.
Platon ne voit pas l'objet d'art comme un ajout que l'homme ferait au monde en créant quelque chose de plus mais il voit dans l'art quelque chose de moins : l'objet d'art est moins que son modèle. L'art est imitation. De plus il n'imite même pas l'être mais il imite le sensible.
Pour Platon l'artiste est « un imitateur de ce dont les autres sont des ouvriers » (197e). Imitant la réalité sensible, les œuvres d'art ne sont qu'une imitation (mimésis) d'imitation, la copie trompeuse d'une copie.
C'est cela que Platon n'aime pas : il avoue que pour lui le seul art qui vaille est la plastique archaïque du siècle précédent. Hiératique et rigide, elle ne prétend pas être fidèle à la nature, mais donner à voir l'idéal des dieux et des héros.