Non, il n'y a pas de sevrage aux antidépresseurs. Contrairement aux anxiolytiques, les antidépresseurs n'engendrent pas de dépendance ou d'accoutumance. La science montre que, pour un premier épisode dépressif, le cerveau se régule tout seul au bout de douze mois de traitement.
Il est possible de proposer au patient un programme de rééducation des fonctions cognitives : la mémoire, la concentration et l'attention. "La sous-utilisation crée le grippage et le déficit. L'entraînement comme la kinésithérapie pour les muscles remet en route les choses, et remet de la fluidité.
Malgré les effets que la dépression majeure a sur le cerveau, il y a une bonne nouvelle. « Lorsque la dépression est traitée efficacement, de nombreuses personnes constatent une résolution des troubles cognitifs, ce qui laisse penser que ces troubles ne sont peut-être pas permanents », explique Kristinsson.
La dépression ne se guérit pas à force de volonté. C'est une maladie qui nécessite la mise en œuvre d'un traitement spécifique. Les stratégies thérapeutiques existantes sont efficaces dans au moins 70% des cas. Des pistes émergent pour les cas de dépression résistante.
Dépression : un dysfonctionnement de certains neurones de l'amygdale serait à l'origine de la perception négative de l'environnement. La dépression se caractérise, entre autres, par une tendance à percevoir de façon excessivement négative les stimuli sensoriels et les situations de la vie quotidienne.
Les personnes qui ont vécu des épreuves (chômage, deuil, traumatismes) sont davantage susceptibles que les autres de souffrir de dépression. La dépression peut, à son tour, entraîner davantage de stress et de dysfonctionnements, ce qui aggrave la situation de la personne touchée et son état dépressif.
Dans la dépression, on observe une hyperactivité de l'amygdale, du noyau strié, du système limbique et des régions sous-corticales . Les antidépresseurs, tout comme la psychothérapie, peuvent modifier le fonctionnement cérébral. Les neurones possèdent la capacité de moduler leur activité en fonction de l'efficacité de la transmission synaptique.
Notre expert décrypte...
Les troubles dépressifs persistants se nomment également dysthymie chronique et correspondent à un trouble de l'humeur ou un trouble affectif durable. On observe l'apparition de ce trouble au début de l'âge adulte et les symptômes peuvent durer de nombreuses années.
Dans les périodes d'acutisation, il peut exister un obscurcissement de la conscience, une perplexité, une idéation persécutive, l'impression de ne plus pouvoir penser ou de devenir fou. Ces états sont transitoires et ne persistent que quelques heures, rarement plus de quelques jours.
Si les médicaments et la psychothérapie ne sont pas efficaces, vous pourriez envisager de consulter un psychiatre pour explorer d'autres options de traitement, comme la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) . Ce traitement utilise des champs magnétiques pour stimuler les cellules nerveuses du cerveau et ainsi atténuer les symptômes de la dépression.
Les Signes qui Montrent qu'On Va Mieux
Un état dépressif non traité peut engendrer un cercle vicieux : un état mental instable entraîne un déséquilibre au niveau physique et somatique. La peur excessive de tomber malade, appelée hypocondrie, peut survenir lorsque l'on subit une baisse du système immunitaire.
Dépression : l'imagerie pour la « voir »
Parmi les techniques les plus étudiées, la TEP (imagerie cérébrale fonctionnelle par tomographie par émission de positons) et l'IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) ont permis d'explorer le cerveau dépressif et sa physiopathologie.
Comment évaluer la sévérité d'un épisode dépressif caractérisé ? On distingue trois niveaux : épisode dépressif, léger, modéré ou sévère*, selon l'intensité des symptômes et leur impact sur la vie du patient (voir infographie).
L'amygdale est une petite zone située dans le lobe temporal du cerveau, impliquée dans la gestion des émotions, notamment la peur, l'anxiété et le stress. Chez les personnes dépressives, l'amygdale devient hyperactive, ce qui amplifie la perception des émotions négatives et des souvenirs douloureux.
Humeur dépressive. Perte de plaisir et d'intérêt pour les activités appréciées habituellement. Perte d'énergie et fatigue. Perte de l'estime de soi ou sentiment de culpabilité injustifié
La durée d'un premier épisode dépressif est variable (de quelques semaines à plusieurs mois). La plupart des épisodes dépressifs dure moins de six mois. Si l'épisode dépressif est isolé, on parle de guérison. Cependant, un premier épisode dépressif isolé est assez rare.
La kétamine et l'eskétamine, qui sont des antagonistes des récepteurs NMDA, ont montré des effets antidépresseurs rapides, notamment chez les personnes atteintes de dépression résistante aux traitements antidépresseurs conventionnels.
On peut soigner la dépression en jouant sur deux registres complémentaires : les médicaments antidépresseurs et la psychothérapie. Face à une dépression légère ayant peu d'impact sur la vie quotidienne, le médecin généraliste recommande plutôt un soutien psychothérapeutique.
Des chercheurs alertent sur l'utilisation à long terme des antidépresseurs qui augmenterait le risque de développer un syndrome d'arrêt des antidépresseurs chez les patients concernés. En effet, un usage prolongé favorise un état de dépendance physique qui peut lui-même causer des symptômes de sevrage intenses.
Antidépresseur naturel par excellence, le sport régule notre humeur en réduisant le stress et en favorisant la sécrétion d'endorphine, une hormone aux propriétés relaxantes5. L'activité physique stimule aussi la production de dopamine, l'hormone du plaisir, de la récompense et de la vigilance. Elle chasse la fatigue.
La dépression est associée à la baisse des neurotransmetteurs intervenant dans la régulation de l'humeur et de l'énergie: la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Ce phénomène a des conséquences de natures différentes.
Le traitement de la dépression par la psychothérapie. La psychothérapie est recommandée, quel que soit le type de dépression. Elle fait régresser les symptômes dépressifs, diminue la fréquence des récidives ou conduit à la rémission durable.
Si vous continuez à vous sentir déprimé, adressez vous à un professionnel de la santé, que ce soit votre médecin de famille, un psychologue, un psychiatre ou un autre professionnel de la santé mentale. Ils pourront vous aider grâce aux différents traitements pharmacologiques et psychologiques éprouvés de la dépression.