En conclusion, il est désormais admis que le patrimoine génétique joue pour moitié dans le risque de dépendance à l'alcool. Mais être issu d'une famille où la vulnérabilité à l'alcool est plus élevée que la moyenne ne doit pas être vécu comme une sentence.
Et le gène DRD2, lié aux récepteurs à la dopamine (un neurotransmetteur du cerveau), influe sur la vulnérabilité à la dépendance. Des variations dans ces gènes modifient notre réaction face à l'alcool. C'est donc en fait l'interaction complexe de plusieurs gènes qui augmente les risques de dépendance.
Des problèmes sexuels, de couple ou encore au travail sont susceptibles d'induire une addiction à l'alcool. Par ailleurs, le contexte dans lequel une personne grandit joue un grand rôle dans le développement de l'alcoolisme.
La dépendance à l'alcool de type II est sous-tendue par une vulnérabilité biologique et génétique, et son héritabilité est estimée à 88 % ; elle est de 20 % seulement pour le type I. Les premières études de génétique de la dépendance à l'alcool se sont concentrées sur l'étude de gènes candidats.
En réalité, il existe différents types d'alcoolisme.
Physiquement, les symptômes du manque et de la dépendance sont divers : tremblements, sueurs, hypertension, crises de tachycardie, nausées et vomissements sont les plus répandus et se manifestent en l'absence de consommation d'alcool.
Ils commencent à se manifester habituellement 24 heures après la réduction drastique ou l'arrêt d'une consommation excessive d'alcool de longue durée. Le symptôme principal est la «trémulation» (tremblements), en particulier des mains, mais aussi parfois de la tête et de la langue.
En revanche, il est tout à fait possible de réapprendre à vivre sans l'alcool. Parfois, il sera possible de reprendre une consommation contrôlée, mais en étant suivi médicalement de manière régulière. Cela n'est pas possible pour tout le monde, car la perte de contrôle peut réapparaître chez certaines personnes.
L'étude de Nutt démontre que l'héroïne est la drogue la plus addictive de toutes, avec un score maximal de 3/3. Il s'agit d'un opiacé qui entraîne une augmentation de 200 % du niveau de dopamine dans le système de récompense du cerveau comme l'ont prouvé les expériences menées sur des animaux de laboratoire.
Dépendance : les signes d'alerte
Vous buvez de l'alcool tous les jours, parfois dès le matin. Quand vous ne buvez pas, vous ressentez des symptômes de manque : tremblements, sueurs, cœur qui bat trop vite, maux de tête, troubles de la vision, nausées, vomissements…
L'alcool, agissant comme un diurétique, entraîne une déshydratation notable, ce qui peut rendre la peau terne, sèche et moins élastique. Cet effet est souvent accompagné d'un aspect gonflé ou bouffi du visage, dû à la dilatation des vaisseaux sanguins.
Selon un rapport de l'OCDE, la consommation excessive d'alcool fait perdre 1 an d'espérance de vie en moyenne, en raison des maladies et accidents qu'elle cause.
Comment savoir si l'on est dépendant à l'alcool ?
Impact des consommations d'alcool sur la personnalité : boire fait devenir anxieux, impulsif et moins agréable. Il est désormais bien démontré que plusieurs traits de personnalité sont des facteurs associés aux consommations d'alcool.
Les plus âgés sont les plus gros consommateurs
Les consommateurs quotidiens sont plus nombreux chez les personnes plus âgées (26 % des 65–75 ans déclarent boire de l'alcool chaque jour, contre 2,3 % des 18–24 ans).
Les 5 C de l'addiction vous donnent enfin une grille de lecture scientifique et claire des mécanismes qui vous piègent. Ce moyen mnémotechnique utilisé par les addictologues identifie précisément où se situe votre problème : perte de contrôle, compulsion, craving, consommation continue et changements cérébraux.
Comment s'en sortir ?
Robert A. Moore et Henri-Jean Aubin montrent dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health qu'arrêter de consommer de la nicotine est beaucoup plus dur qu'arrêter l'alcool, les opiacés ou la cocaïne.
Il s'agit alors de le protéger, et de gérer «à sa place» les relations qui se détériorent et son environnement social qui s'effondre. L'inquiétude fait généralement place à la colère. Le malade ne prend pas ses responsabilités et les fait peser sur ceux qui l'entourent, il ment, tente de les manipuler.
La dépendance est définitive lorsque consommer de l'alcool devient une nécessité pour éviter le manque. Les crises de manque se traduisent autant par des signes psychologiques (stress, panique) que par des signes physiques (suées, tremblements, tachycardie et vertiges).
L'alcool provoque parfois des maladies comme :
Les risques d'un arrêt brutal de l'alcool, même sur une courte période. Si les bénéfices de l'abstinence pendant quelques semaines sont bien réels, il nous paraît important de rappeler que chez une personne souffrant d'alcoolisme, arrêter du jour au lendemain peut s'avérer très dangereux.
Si vous réduisez votre consommation d'alcool, notez chaque verre afin de respecter vos limites. N'hésitez pas à demander de l'aide à votre entourage pour résister à la tentation. Prévoyez une solution de repli si la tentation devient trop forte. Demandez aux autres de ne pas vous mettre la pression ni de boire en votre présence (cela peut être difficile).
Cependant, même si les symptômes de manque physique ne sont pas présents, la dépendance peut aussi être psychologique, au point de ne plus arriver à vivre sans alcool. Si votre désir d'alcool est fréquent, voire continu ; si vous ressentez des envies irrépressibles de boire, peut-être êtes-vous devenu dépendant.